07.12.2008
Imprimé Zebra
Comme vous le savez, je suis assez friande de métissage musical. Afro-celt, électro-musette, punk-yodl, rien ne me fait peur. Et un jour, au détour d’une édition de Taratata où était invité le groupe de ragga allemand Seeeed, j’ai découvert un truc qui allait bouleverser ma conscience des mélanges des genres : le bootleg.
Parallèlement, j’ai découvert le désir et le sexe avec Internet, puis avec un vrai homme, barré de son état. Entre autres bizarreries, il était fan d’un DJ d’un genre particulier : DJ Zebra. Ce sémillant bidouilleur qui sévit aujourd’hui sur la radio Virgin du lundi au vendredi de 22h à 0h s’amuse à associer des artistes aux univers très divers pour détourner de manière joyeuse toute institution de la musique.
Mais qui est-ce ? Oh joie, il est Breton d’origine… Le petit Antoine commence par la guitare à 9 ans, puis rejoint Rennes et les groupes punks. En 1992, il rejoint le groupe Billy ze Kick et les Gamins en Folie en tant que DJ et bassiste. Après la dissolution du groupe en 1995, il commence ses bidouillages, jusqu’à en avoir composé environ 350 aujourd’hui.
Reprenant la tradition qui sévit en Jamaïque depuis les années 1960, certaines de ses œuvres ont une sonorité ragga. Alors qu’avant lui, le bootleg avait une saveur fortement contestataire et illicite, il y met tellement de talent que certains des artistes dont il bidouille les œuvres se retrouvent avec lui quand il mixe en concert. Et ceci, c’est une première, car les artistes ne sont d’habitude pas enclin à se mêler avec des bootlegs. Évidemment ses amis de Billy (qu’il a mixés avec notamment les Wampas et Téléphone), mais aussi Cali, Dyonisos et Joey Starr. Dans ses mixes, on notera tout de même une prédilection pour des artistes tels que Noir Désir, Dyonisos, Serge Gainsbourg, M et Katerine.
Bon, après la théorie, voici la pratique en quelques petites friandises.
- Joey Starr Wars (Joey Starr vs. John Williams vs. Daft Punk) (Alors que le morceau original J’arrive de Joey Starr avait tendance à avoir une bande-son un peu molasse, malgré des guitares électriques, Zebra a eu la bonne idée d’associer l’inénarrable Thème de l’Empereur de John Williams composé pour l’inénarrable trilogie de George Lucas à la basse et à la rythmique de l’inénarrable Da funk de Daft Punk. Et voilà comment Joey Starr s’en sort grandi…)
- Camille as you are (Nirvana vs. Camille) (Mix entre Come as you are et Ta douleur, j’aime la prise de risque… Elle s’avère payante)
- Machistadance (-M- vs. Eminem vs. Kelis vs. Louise Attaque) (En général, un bootleg associe deux artistes, mais Zebra fait fort en associant Machistador, Without me, Trick me et Amoureux, si c’était hier. Ce dernier morceau a également été associé à Daft Punk. Bref, c’est illimité…)
- L’obstacle de Mister Chat (Interpol vs. Dyonisos) (Là, il a eu de la chance que ça collait, parce que ce n’est pas toujours le cas… C’est le risque du bootleg)
- M- & Clyde (Serge Gainsbourg vs. -M-) (C’est drôle, l’instru de Bonnie & Clyde déniaise de façon sympathique Je dis aime)
- Jim nous portera (The Doors vs. Noir Désir) (Quand deux morceaux aussi planants que Riders on the storm et Le vent nous portera sont associés, Zebra nous emmène au pays des rêves sous stupéfiants… En tout cas, Tiny et moi sont ultra-fans)
- Dyonisos in Babylon (The Melodians vs. Dyonisos & Olivia Ruiz) (Un morceau dans la pure tradition bootleg reggae…)
- Alice en France (Noir Désir vs. Indochine) (Les guitares d’Un jour en France défont le côté pop goth sucré d’Alice et June pour lui donner une force revendicative…)
- Believe Tostaky (Noir Désir vs. the Chemical Brothers) (Associer un Believe sautillant et un Tostaky militant était couillu. On sait maintenant que les gauchistes n’ont plus aucune raison de ne pas mettre le feu au dancefloor…)
- Take me out saturday night (Franz Ferdinand vq. Neimo) (Pour ce morceau, Zebra a préféré faire appel à un chanteur pour reprendre Saturday night d’Oliver Chatham et l’associer au marrant Take me out)
Initials B(eastie) B(oys) (Serge Gainsbourg vs. Beastie Boys) (Comment dire ? Celle-là, elle était facile…)
- O Brother Ray (Ray Charles vs. Soggy Bottom Boys) (Curieusement, ce n’est pas ridicule, ce petit mélange de tubes des années 1940-50 : What I’d say et I’m a man of constant sorrow, reprise par George Clooney pour le film O Brother des frères Coen…)
- Boulevard of broken songs (Green Day vs. Oasis vs. Travis) (Celui-là n’est pas un bootleg de Zebra, mais je l’aime bien, donc c’est cadeau)
Et pour finir, une dernière petite friandise de Zebra, un bootleg nommé J'adore ton daddy (Boney M vs. Philippe Katerine)
23:05 Publié dans Electro | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : france, bootleg
23.10.2008
One world, one love parade
Lorsque j'étais adolescente, et que j'apprenais l'allemand au lycée, Berlin stigmatisait certains de nos fantasmes. Non pas que notre prof d'allemand était attirante, bien au contraire, mais nous ne rêvions que d'une chose : aller à la Love Parade. Aujourd'hui, cette réunion techno a ses avatars un peu partout dans le monde et attire aujourd'hui plus d'1,5 millon de personnes, mais cela n'a pas toujours été ainsi.
En 1989, en effet, les gouvernements européens commencent à voir des "effets pervers" à la musique électronique à travers les free parties qui pullulaient, notamment en ce qui concerne la drogue qui y circulait. Cela conduit l'Angleterre de John Major à promulguer une législantion anti-teuf. Donc, en 1989, écouter de la techno - attention, pas de la dance ! - était devenu un acte militant.
En 1989 aussi, l'Allemagne était coupée en deux, ce qui révoltait les jeunes. Dans cet état d'esprit, Matthias Roeing, aka Dr Motte, et Maximilian Lenz, aka Westbam, décident de manifester contre la présence du mur de Berlin au début du mois de juillet. Pour cela, militants jusqu'au-boutistes, ils ont installé une sound system devant le mur et ont ainsi réuni 150 personnes. La Love Parade est née de cette petite émulation.
L'événement, qui se déroulait jusqu'en 1996 au Kurkfürstendamm (Berlin-Ouest), a dû se déplacer pour faire face à l'affluence grandissante. En effet, le Kurfürsterdamm a eu beaucoup de mal à accueillir 750.000 personnes. La Love Parade est ainsi devenue mobile, traversant la Strasse des 17. Junis de la Brandenburger Tor, en passant par le Tiergarten qui se retrouve saccagé chaque année. Pour la première fois, en 2008, la Love Parade, sous l'égide Highway to Love, s'est déroulée à Dortmund, et non pas à Berlin, réunissant ainsi 1,6 million de personnes.
Chaque édition a sa devise : de Friede, Freude, Eierkuchen (paix, joie, oeufs au plat) en 1989 à Highway to Love, en passant par Music is the Key, One world one Love Parade ou encore Let the sunshine in your heart, un seul mot d'ordre : l'amour, la joie et la fête pour militer contre les injustices de ce monde. Certains ont même vu un filon, ce qui a conduit à une commercialisation massive de l'événement. Pour militer contre la dérive qu'est devenue la Love Parade a été créée en 1997 la Fuckparade, par conséquent avec une musique plus underground et un public plus limité.
La Love Parade a également souffert de la dérive sécuritaire que voulait lui faire subir la ville de Berlin, ce qui a conduit à son annulation en 2004 et 2005. Dr Motte s'est aussi frité avec l'organisation, ce qui a conduit à son absence en 2006. Malgré tout, la Love Parade reste un événement musical à part entière et programmée jusqu'en 2011...
09:00 Publié dans Electro | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : techno, event, berlin
27.07.2008
Fatboy Slim is f... in heaven

Quand j'avais genre 15-16 ans, il y a de ça une dizaine d'années, ma soeur et moi, fondues de son anglais en tout genre (son cerveau avait crâmé en 1995, lorsqu'elle est allée elle-même en Angleterre rejoindre une correspondante...), nous sommes tombées sur la pub Adidas, et surtout sur sa musique... À l'époque, le morceau s'appelait Right here, right now et l'auteur en était un sémillant DJ anglais, Quentin/Norman Cook, alias Fatboy Slim.
Depuis Brighton, le petit Quentin, né en 1963, n'aurait jamais pensé devenir l'un des DJ les plus influents sur cette planète, en contribuant à la popularisation du break beat/big beat, ce trait d'union entre le hip hop new-yorkais (avec les innénarables Beastie Boys) et le son électro anglais (dont les représentants les plus illustres sont les Chemical Brothers ou the Prodigy).
Tout commence en fait en 1982. Quentin, qui se fait appeler Norman, fait vaguement le DJ et le bassiste dans un groupe. En 1988, c'est le Summer of love anglais, et tout le monde s'éclate à la house. Oui, mais Norman, ça, ça le gonfle au plus haut point. Alors un copain l'emmène dans une boîte où on passe des trucs assez incroyables, mélange de gros son électro et hip-hop.
Il se met alors à remixer des trucs des années 1960, fonde des groupes qui n'ont pas un gros succès. Il rencontre alors les trublions des Chemical Brothers, qui l'encouragent à faire du break beat. C'est en 1996 que tout s'accélère : il se fait appeler Fatboy Slim, fonde son label et sort Better live through chemistry. C'est un succès aussi bien auprès du public que d'estime dans le métier. Mais le gros truc vient en 1998 avec You've better come a long way, baby avec des succès comme Right here, right now; Rockafeller Skank ou encore Ganster tripping. Depuis, il mixe pour de grands noms, provoque des émeutes quand il retourne mixer à Brighton...
C'est grâce à des mecs comme lui que j'apprécie encore aujourd'hui l'électro et que j'ai eu envie de devenir DJ. Malheureusement, je n'ai pas réalisé ce rêve... Mais qui sait, peut-être que j'aurais du succès avec mes mixes break beat...
10:07 Publié dans Electro | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : gb, breakbeat, souvenir






































